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| Transsibérien - François Fontaine - YellowKorner |
Dans cette vilaine gare trop éclairée par un mauvais lampadaire, ça faisait plus d’une demi-heure que je vous filais le train.
Plus tôt, il avait fallu que je me noie habilement dans une file de touristes bedonnants quand vous vous êtes approché du wagon vert et rouge à l’arrêt. Il faisait encore jour et, en fin limier, j’avais repéré que, dans une heure au max, c’était celui-là qui risquait de vous emporter si je faisais mal mon boulot. A la brigade, ils me louperaient pas cette fois-ci : trois fois que je vous laissais échapper ! J’allais me retrouver à la circulation fissa. Mais là, ça serait la bonne, je le sentais. J’allais vous pincer avant que vous puissiez dire ouf et vous ramener gentiment au commissariat sans un piaillement.
En attendant je me suis coulé derrière vous, vous suivant pas à pas. Quand vous avez chargé vos valises, j’ai chargé les miennes. Des vieilles caisses tenues par des bouts de ficelles remplies de mes nippes pour « faire vrai » comme dit toujours le commissaire.
Je les ai mises juste à côte des vôtres et vous n’avez même pas tilté. Parfois je me dis que je suis trop douée pour mon job ! Je devrais être à la crim full time !
Mais vous m’avez encore fait cavaler mon petit rigolo ! Il a fallu que je me planque derrière les « Marie-Claire » et les « Elle à table » pendant que vous achetiez vos gitanes et vos romans policiers faiblards pour la route ; il a fallu que je m’intéresse aux jambons beurres quand vous avez fait les grandes courses chez Paul…
J’ai bien senti que vous aviez du me repérer vers ce moment là. Tout d’un coup vous n’étiez plus si frais. Plusieurs fois vous avez regardé en arrière. Une ou deux fois vous avez même lâché quelques mots. Je me suis tendu mais j’ai respecté la consigne. Si la cible deviens nerveuse, je disparais un peu plus dans le décor mais je ne lâche pas le fil. Je me suis un peu cassé la figure dans des chariots en reculant discrètement et une petite vieille m’a esgourbi d’injures sous prétexte que j’avais un peu retourné son petit bichon adoré. Je lui ai refilé un coup (au chien, pas à la vieille ! On a des manières quand même) pour faire bonne mesure et j’ai tracé ma route parce que, vous, pauvre imbécile, vous avez essayé de me semer. Vous vous êtes mis à courir comme un dératé. Mais je savais bien où vous alliez. Je l’avais repéré votre wagon. Qu’est ce que vous croyez qu’on nous apprend à l’école de flics !? Je suis pas plus bête qu’une autre. Et nous voilà en train de courir l’un derrière l’autre sur le quai pour attraper votre train qui s’est mis en branle dans la nuit qui est tombée (tiens ça ferait une chouette photo non ?).
Mais vous abandonnez la traque tout d’un coup et vous vous retournez vers moi ! C’est pas dans le manuel de filature ça ?!
« Et ben Jeanine, j’espère que t’es contente ! Tu vois, si t’avais pas joué à tes jeux de détectives débiles pendant trois heures dans la gare, au lieu d’être là comme des cons à regarder le train qui file avec nos bagages dedans on serait en train de commencer notre voyages de noces vers le grand nord! »
EZ
Plus tôt, il avait fallu que je me noie habilement dans une file de touristes bedonnants quand vous vous êtes approché du wagon vert et rouge à l’arrêt. Il faisait encore jour et, en fin limier, j’avais repéré que, dans une heure au max, c’était celui-là qui risquait de vous emporter si je faisais mal mon boulot. A la brigade, ils me louperaient pas cette fois-ci : trois fois que je vous laissais échapper ! J’allais me retrouver à la circulation fissa. Mais là, ça serait la bonne, je le sentais. J’allais vous pincer avant que vous puissiez dire ouf et vous ramener gentiment au commissariat sans un piaillement.
En attendant je me suis coulé derrière vous, vous suivant pas à pas. Quand vous avez chargé vos valises, j’ai chargé les miennes. Des vieilles caisses tenues par des bouts de ficelles remplies de mes nippes pour « faire vrai » comme dit toujours le commissaire.
Je les ai mises juste à côte des vôtres et vous n’avez même pas tilté. Parfois je me dis que je suis trop douée pour mon job ! Je devrais être à la crim full time !
Mais vous m’avez encore fait cavaler mon petit rigolo ! Il a fallu que je me planque derrière les « Marie-Claire » et les « Elle à table » pendant que vous achetiez vos gitanes et vos romans policiers faiblards pour la route ; il a fallu que je m’intéresse aux jambons beurres quand vous avez fait les grandes courses chez Paul…
J’ai bien senti que vous aviez du me repérer vers ce moment là. Tout d’un coup vous n’étiez plus si frais. Plusieurs fois vous avez regardé en arrière. Une ou deux fois vous avez même lâché quelques mots. Je me suis tendu mais j’ai respecté la consigne. Si la cible deviens nerveuse, je disparais un peu plus dans le décor mais je ne lâche pas le fil. Je me suis un peu cassé la figure dans des chariots en reculant discrètement et une petite vieille m’a esgourbi d’injures sous prétexte que j’avais un peu retourné son petit bichon adoré. Je lui ai refilé un coup (au chien, pas à la vieille ! On a des manières quand même) pour faire bonne mesure et j’ai tracé ma route parce que, vous, pauvre imbécile, vous avez essayé de me semer. Vous vous êtes mis à courir comme un dératé. Mais je savais bien où vous alliez. Je l’avais repéré votre wagon. Qu’est ce que vous croyez qu’on nous apprend à l’école de flics !? Je suis pas plus bête qu’une autre. Et nous voilà en train de courir l’un derrière l’autre sur le quai pour attraper votre train qui s’est mis en branle dans la nuit qui est tombée (tiens ça ferait une chouette photo non ?).
Mais vous abandonnez la traque tout d’un coup et vous vous retournez vers moi ! C’est pas dans le manuel de filature ça ?!
« Et ben Jeanine, j’espère que t’es contente ! Tu vois, si t’avais pas joué à tes jeux de détectives débiles pendant trois heures dans la gare, au lieu d’être là comme des cons à regarder le train qui file avec nos bagages dedans on serait en train de commencer notre voyages de noces vers le grand nord! »
EZ

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