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| Désir d'ailleurs - Matthieu Casimiri - YellowKorner |
Ne plus prendre ce chemin. Ne plus passer par là. Plus jamais. Pensez à trouver une excuse pour la prochaine fois. Non pas besoin d’excuse, un caprice suffira. Le caprice existe pour que la femme n’ait pas à faire part à l’homme de ses motivations profondes. Ainsi il ne cherchera pas à les deviner, à les comprendre. Un caprice est un raccourci. Utiliser le caprice.
Il sourira, moi aussi. Je lui parlerai d’un chemin plus court pour rentrer moins bruyant, plus intime. De tout façon ce restaurant n’est pas terrible. Leur nourriture me brûle l’estomac.
Ne plus passer par là. Ne plus voir la lumière et la porte à deux battants.
Au fil du temps je suis persuadée que j’aurai l’impression de n’y être jamais entrée. Cet après-midi n’a pas existé. Je l’ai passé à l’appartement à lire un magasine sur les compositions florales. Le bleu avec le jaune jamais avec le rouge. J’ai entendu la pendule sonner chacune des heures.
Ce lieu n’existe pas, à partir de demain il n’existe plus, puisque nous ne passerons plus par là, je ne passerai plus par là. Dans cet instant il disparaît. Il est englouti devant mes yeux.
Ce quartier devient dangereux vous ne trouvez pas ? Je n’y mets plus les pieds.
Cet autre corps, celui de cet après-midi, est désormais loin et inaccessible. La lumière s’éloigne, il s’efface. Je ne sens pas l’humidité à mes pieds. Mes chaussures sont elles si résistantes à la pluie ou mon corps est il anesthésié par cette ruelle qui disparaît ?
Un bruit de battement d’aile. Le parapluie noir se referme devant moi. Je mets la main devant mon visage pour me protéger. Les éclaboussures tachent mon gilet. Elles m’atteignent et me glacent.
« Il ne pleut plus » dit-il
Non il ne pleut plus.
JS
Il sourira, moi aussi. Je lui parlerai d’un chemin plus court pour rentrer moins bruyant, plus intime. De tout façon ce restaurant n’est pas terrible. Leur nourriture me brûle l’estomac.
Ne plus passer par là. Ne plus voir la lumière et la porte à deux battants.
Au fil du temps je suis persuadée que j’aurai l’impression de n’y être jamais entrée. Cet après-midi n’a pas existé. Je l’ai passé à l’appartement à lire un magasine sur les compositions florales. Le bleu avec le jaune jamais avec le rouge. J’ai entendu la pendule sonner chacune des heures.
Ce lieu n’existe pas, à partir de demain il n’existe plus, puisque nous ne passerons plus par là, je ne passerai plus par là. Dans cet instant il disparaît. Il est englouti devant mes yeux.
Ce quartier devient dangereux vous ne trouvez pas ? Je n’y mets plus les pieds.
Cet autre corps, celui de cet après-midi, est désormais loin et inaccessible. La lumière s’éloigne, il s’efface. Je ne sens pas l’humidité à mes pieds. Mes chaussures sont elles si résistantes à la pluie ou mon corps est il anesthésié par cette ruelle qui disparaît ?
Un bruit de battement d’aile. Le parapluie noir se referme devant moi. Je mets la main devant mon visage pour me protéger. Les éclaboussures tachent mon gilet. Elles m’atteignent et me glacent.
« Il ne pleut plus » dit-il
Non il ne pleut plus.
JS

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